The Life List dans les médias

"The Life List dispense des conseils, recommande des lectures, des programmes d'aide au changement. Les adeptes d'un petit changement de vie y agrègent leurs rêves..."

"Julien est un expert qui a fait ses preuves en matière de changement de vie"

"Le concept de Life List est arrivé en France. C'est un outil à la portée de tous pour faire l'inventaire de ses souhaits et se donner les moyens de les réaliser..."

"The Life List’ : Le super blog De Julien qui a décidé de réaliser tous ses rêves sans attendre"

Ma mission humanitaire en Afrique du Sud au Cap

Par Johanna 27 décembre 2012 17
Ma mission humanitaire en Afrique du Sud au Cap

Idée de départ : Faire une mission humanitaire en tant que volontaire dans un pays étranger.

Déroulement de ma mission humanitaire en Afrique du sud

Devenir volontaire pour une mission humanitaire c’était un rêve que j’avais depuis très longtemps, mais je n’avais pas vraiment le courage de tout quitter pour sauter le pas. Et finalement, en Juin 2012, je me suis décidée à partir pour Cape Town en Afrique du Sud pour travailler au sein d’une petite crèche  Educare (l’équivalent français est la maternelle) avec des petits de 3 mois à 6 ans pendant 1 mois.

J’avais envie de faire ce genre de mission car j’avais lu tellement de témoignages à ce sujet, sur les personnes qui revenaient toutes bouleversées car c’est une expérience qui change la vie. Je voulais ressentir moi aussi ce sentiment, ce bouleversement en moi qui me transformerait. Et je voulais aussi travailler avec des enfants, car j’adorais les enfants pour leur simplicité, leur insouciance, et vitalité.

253039_3986801660736_316596086_n395123_546780722004780_877324014_n copieVrygrond Township. Crèche de Mashikule. Photo : Amanda Leemis.

Ma mission de volontariat s’est déroulée dans un grand bidonville de Cape town nommé Vrygrond, fait de tôles et quelques briques. On a l’impression que s’il y a un coup de vent tout s’envole. Comme une mini ville mais très pauvre. Il y a des petites boutiques d’alimentation, des petits salons, fait de tout et de rien. N’ayant pas eu le temps de me documenter sur l’Afrique du Sud et Cape town avant de partir j’ai été largement choquée par ce que j’ai vu. Je m’attendais en effet à trouver un pays n’ayant que très peu de pauvreté, avec un juste équilibre entre les blancs et les noirs après le succès du politicien et nobel de la paix Nelson Mandela. Mais ce ne fut pas le cas. Ce grand bidonville c’est la dure réalité là bas à Cape town et il y en a des tonnes. Rempli que par des hommes, femmes et enfants noirs. Les parents qui déposent leur enfants le matin sont souvent sans emplois et recherchent comme ils peuvent un job ou ont un job très loin de leur habitation et reviennent chercher leurs enfants très tard.

J’ai été accueillie donc dans cette petite crèche avec 3 groupes d’une trentaine d’élèves. Un groupe pour les bébés, un groupe pour les 2 à 3 ans et le dernier pour les plus grands. On m’a affectée avec les plus grands et leur maîtresse très jeune qui parlait anglais. J’ai été complètement déboussolée et effrayée. Les petits parlaient à moitié anglais pour une toute petite poignée d’entre eux et Xhosa (langue traditionnelle africaine) pour la plupart. La communication était vraiment difficile avec certains. Les petits africains sont très bavard et expressif en général, et je passais la plus claire partie de mon temps à les garder au calme et attentif. La maîtresse avait un plan de travail mais je pouvais amener mes idées. C’était difficile et éprouvant, je ne pensais pas que ça allait être aussi fatiguant de s’occuper de petits gosses! Et pourtant je travaillais seulement le matin de 8h30 à 12h30! C’était un calvaire, ils ne savent pas se moucher, ils demandent sans arrêt “Teacher! I want to pee!” ils se battent pour rien ou pour jouer, ils pleurent pour attirer l’attention, ou pour faire accuser un camarade, je n’avais vraiment pas l’impression d’être à ma place. Et je pensais déjà que mon expérience était ratée et que j’allais rentrer bredouille sans avoir acquis de changements.

SAM_0933 copie

Heureusement que j’allais à cette petite crèche tous les matin avec ma co-locatrice américaine Amanda et on partageait ce supplice à deux, je me sentais moins seule. Tous les matins on se réveillait, on nous déposait devant la grille de l’école, on se regardait, prenait une grande inspiration et on affrontait ces petits garnements!

Parfois le matin je n’avais qu’une seule envie c’est que le mini bus arrive à 12h30 et nous ramène enfin à la maison. Avec les enfants les activités était variés mais assez répétitive par manque de moyens. Exercice physique par le chant, la danse dans une petite cour minuscule, dessin, lecture, pâte à modeler, lego, collier éphémère, jeux libre. A 8h30/9h c’était le petit déjeuner un porridge. A 12h, le déjeuner, du riz sans viande ou poisson (trop cher) ou quand il n’y avait pas de riz une tartine au beurre de cacahuète. Juste une tartine. Et dans l’après midi après la sieste, leur propre goûter si ils en ont apportés. Cela ne change jamais, c’est toujours la même chose, et ce n’est pas copieux. Parfois on sent que les petits ont faim, et ils se battent pour la nourriture. C’est triste. Il fallait faire la vaisselle après chaque repas à la main, il n’y avait pas d’aide ménagère. Donc pendant la vaisselle, les petits étaient tout seul parfois, sans surveillance.

SAM_1650SAM_1215 copieOMNIA Johanna 7_000243

Alors avec ces petits, j’ai d’abord appris à connaître leur prénom, c’est tout une affaire pour les retenir, je me souviens des prénoms des plus coléreux ou ceux qui parlent le mieux anglais. Ovisayo, Takunda, Ruth, Lulutho, Gillian, Kesha, Justice, Anyssa, Ismaël, Lavana, Lelam… Pour m’embêter, ils parlaient en Xhosa pour que je ne comprenne rien, ça les amusaient de me voir lutter pour les comprendre! Ils aimaient avoir de l’attention, des câlins. Et ils aimaient aussi se battre entre eux pour “jouer”.

Parfois ils me demandaient de leur raconter des histoires. Moi je n’avais pas forcément envie de le faire parce qu’ils écoutent à moitié! Alors je me souviens qu’un jour, un petit m’a apporté un livre. Je n’avais pas envie de lire donc j’ai inventé une histoire à partir des images que je voyais. Et en anglais! Mon histoire n’avait ni queue ni tête et j’étais persuadée que ça allait l’ennuyer et qu’il allait me laisser tranquille! Mais petit à petit d’autres commençaient à venir et être attentif à mon histoire qui ne voulait rien dire! Quand j’ai fini de lire, le petit a couru à toute vitesse à la bibliothèque pour aller chercher un autre livre et disait : “Again teacher! Please read book!”  J’étais prise à mon propre jeu! Ils ont adorés mes histoires sans queue ni tête! Et ils revenaient encore et toujours “Again teacher! me teacher! Choose ma book!” Au final, ça m’a bien fait rire.

Un jour j’ai été affectée au coin des bébés pour remplacer une autre volontaire! C’était encore plus éprouvant! Ils étaient 10. Ils pleurent pour rien, ils rient pour rien, ils sont très jaloux pour rien, ils portent des couches, il faut les changer toutes les deux secondes, ils ne savent pas manger tout seul, ils ne parlent pas encore bien… Ils étaient placés dans une pièce minuscule de 15m carré avec une toute petite fenêtre… C’était leur coin, ils y étaient tous les jours. Même si c’était difficile, je me suis bien amusé avec eux car cela stimule l’imagination. Ils n’ont tellement pas de jouets qu’il faut toujours trouver quelque chose pour attirer leur attention ou les occuper. Je me souviens que les premières minutes j’ai sorti un petit puzzle et leur ai dit “On joue à ça?” ils ont tous criés d’une seule voix “YEAAAAH!” avec de beaux sourires et de grands yeux pétillant. J’étais surprise! Si je commençais un jeu avec un des petits il y avait toujours un jaloux pour venir essayer ce même jeu aussi, c’était pratique. Je ne me rappelle plus de leur prénoms je les appelai tous bébés, c’était plus facile pour moi et ça les faisait rire.

SAM_1498

Le jour où je me suis aperçu que ces petits allaient me manquer c’est ce jour où j’ai apporté mes petites enceintes à brancher sur n’importe quel lecteur mp3. Je suis restée toute la journée jusqu’à 15h ce jour là et après la sieste c’était activité improvisé danse et musique! Tout le monde dansait sur leur musique ou la mienne, et je me suis dit que je commence à m’attacher à ces petits affreux.

Amanda, ma co-locatrice, et moi au bout d’un moment avons décidé de faire une cours de danse classique pour les plus grands. Amanda, est une apprenti danseuse et à de bonnes bases en danse. Elle en a parlé à la directrice de l’association et cette dernière nous a proposés une salle à disposition pour les cours. C’était un évènement à la crèche! Tous les enfants avaient envie d’y participer car c’était nouveau pour eux, ils ne sortent pratiquement jamais de leur crèche et ne font pas de réelles activités physiques dynamiques. Le jour du premier cours de danse était grandiose! Les petits étaient tous sages, et pour plus de facilités pour nous, la maîtresse a choisi 10 élèves. On est tous partis main dans la main au coeur de ce bidonville en direction de la salle. Le cours s’est déroulé à merveille et on a pu voir que les enfants étaient vraiment heureux de cette nouvelle expérience! Ils étaient vraiment joyeux et on l’était aussi!

SAM_1582SAM_1607 copie

Le dernier jour était un jour normal, mais tout les enfants ont mangés ensemble dans la cour, petits et grands mélangés. Les plus grands nous aidaient à donner à manger aux plus petits. 12h30, je jouais tranquillement avec les petits quand j’entend le klaxon du mini bus qui vient nous chercher. Et là je lâche un “oh non…” et sans prévenir la seconde qui suit un torrent de larmes commencent à s’écouler de mes yeux sans s’arrêter. Les petits ont tous sautés sur moi pour me faire des câlins et criaient “Bye Teacher! bye Teacher!” avec de grands sourires. Je me suis aperçu de leur amour gratuit, et ça me faisait mal de les quitter. Ils n’ont tellement rien et ils donnent tellement tout. Y compris les maîtresses. J’espérais de tout coeur qu’une fois adulte ils réussiraient leur vie ici en Afrique du Sud et réaliseraient leurs rêves d’enfants. Et feraient tout pour changer certaines choses dans leur pays aussi.

Conclusion de ma mission humanitaire en Afrique du Sud à Cape Town:

Malgré les débuts difficiles, au bout d’un certain moment je savais qu’un changement allait se produire mais je ne pensais pas que ça allait autant m’affecter. Je ne m’attendais pas à pleurer autant à la fin car j’ai vraiment eu du mal au début à supporter ces petits. J’ai appris que la pauvreté en France n’est vraiment, mais vraiment rien par rapport à la pauvreté là bas à Cape town. On a un confort, des écoles, de la nourriture, des transports de qualités, de vrais lits, de vrais bâtiments pour vivre nos vies. Pour être éduqués. Et on se plaint toujours, tout le temps, il y a toujours un problème mineur alors qu’au final ce n’est rien. On entend souvent aux infos, ou dans des documentaires parler de la pauvreté dans les pays en “voie de développement”, mais vivre là bas aux côtés des pauvres nous fait ouvrir nos yeux sur la chance que l’on a. On ne se rend pas compte. Ce n’est pas entièrement de notre faute. La société est ainsi, on est attiré par le côté matériel, et on est un peu comme des enfants gâtés ici. Cette mission m’a appris à être satisfaite de ce que j’ai. A manger convenablement, sans excès, à ne pas acheter à tout va, les derniers modèles à la mode. Et bizarrement, maintenant je préfère attendre avant d’avoir un enfant car c’est une grande responsabilité et je ne veux pas la gâcher. C’est l’expérience la plus touchante à ce jour de ma vie qui m’a réellement changée. J’ai compris comment tout cela était arrivé (la pauvreté en Afrique) et rien que pour l’histoire je pense réellement qu’on a pas le droit de trop se plaindre en France.

Image de prévisualisation YouTube

Lieu de la mission : Bidonville de Vrygrond, à Cape Town en Afrique du Sud avec l’association sud africaine “Little too much” via Projects Abroad.

Mon blog de voyage : http://johaaroundtheworld.overblog.com/

17 commentaires »

  1. Julien Perret 27 décembre 2012 à 22 h 57 min - Reply

    Merci johanna d’avoir partagé ce nouveau récit avec nous ! Je le trouve vraiment intéréssant et pleins de conseils pratiques… j’espère que ceux qui veulent faire de l’humanitaire apprécieront !

    • Johanna 29 décembre 2012 à 2 h 27 min - Reply

      Merci à toi Julien d’ouvrir ta plateforme pour nous! :) J’espère que d’autres membres n’hésiteront pas écrire leurs articles sur leurs propres expériences aussi!

  2. Anne-Laure 31 décembre 2012 à 0 h 09 min - Reply

    Super récit! C’est émouvant et je suis tout à fait d’accord avec toi avec le fait que l’on a “tout” en France (et dans les pays développés en général) et on continue quand même à se plaindre. Je pense qu’il faudrait réapprendre les vraies valeurs pour avoir à nouveau les pieds sur Terre.

    • Johanna 5 janvier 2013 à 3 h 44 min - Reply

      Oui Anne-Laure, on a “tout” et on se plaint toujours. Avec certains de mes co-workers volunteers on se disait que le volontariat mission humanitaire devrait peut être devenir obligatoire au moins une fois dans sa vie, pour, en le disant grossièrement, se prendre une grosse claque dans la tête et redescendre sur Terre…

      • Anne-Laure 11 janvier 2013 à 22 h 25 min - Reply

        Je suis plutôt d’accord avec tes co-workers. Cela ne nous ferait pas de mal!

  3. François-Xavier Mouly 2 janvier 2013 à 15 h 25 min - Reply

    Un gros merci à toi Johanna !! Un article très touchant et qui me motive d’autant plus dans la décision que j’ai prise pour l’année prochaine : année de césure et me consacrer aux missions humanitaires auprès des enfants en Afrique ! Ton récit tombe à pic.

    • Johanna 5 janvier 2013 à 3 h 46 min - Reply

      François Xavier, j’ai rencontré pendant ce voyage beaucoup de personnes qui faisaient des “césures” comme tu dis pour pouvoir se consacrer à des missions humanitaires et d’éco-volontariat… ça change la vie! Bon courage!

  4. Manon James 4 janvier 2013 à 19 h 30 min - Reply

    Bonjour et Merci Johanna pour ce récit :). C’est très détaillé et tu expliques ce que tu as ressentis, j’ai beaucoup aimé lire l’article car moi aussi je souhaiterai faire de l’humanitaire plus tard :D!

  5. Johanna 5 janvier 2013 à 3 h 53 min - Reply

    Coucou Manon! C’est une bonne chose l’humanitaire et cela te permettra de découvrir de nouvelles facettes de ta personnalité que tu ne connaissais pas, d’apprendre à te connaître et découvrir tes limites, ou les dépasser! (et d’apprendre l’anglais ou l’espagnol;)) Beaucoup de jeunes font des missions humanitaires après le bac ou juste avant de le passer. Ou avant d’entrer à la fac ou dans la vie active!Tu seras plus mature! Moi j’ai tellement attendu et rêvé avant de le faire! J’en rêvais depuis le lycée! :D

  6. GILLES 8 novembre 2013 à 17 h 41 min - Reply

    Bonjour Johanna, merci pour récit. Très bouleversant.Merci pour ton partage. Actuellement, je cherche à partir en mission sur plusieurs mois mais le soucis c’est que je ne parle pas anglais….

    • Johanna 27 décembre 2013 à 6 h 37 min - Reply

      Tu apprendras l’anglais sur le tas, c’est surtout pour aider, pas un cours de démonstration linguistique, un mois pour partir est le minimum. Bon courage :)

  7. Camille 18 novembre 2013 à 18 h 23 min - Reply

    Salut Johanna! J’aimerais également participer à une mission humanitaire dans un pays défavorisé, c’est quelque chose qui me tient très à coeur. J’aurais aimé savoir par quel organisme tu es passée pour trouver cette crèche et cette mission.
    Merci beaucoup pour le partage de ton expérience, ça me donne encore plus envie! :)

    • Johanna 27 décembre 2013 à 6 h 39 min - Reply

      C’était la première fois que je partais seule pour faire du volontariat, je suis partie avec Projects abroad. L’organisation te suit de Aà Z tu n’es jamais seule. Tu les payes pour ça ;)

  8. viviane 23 novembre 2013 à 10 h 30 min - Reply

    Bonjour. Ma nièce est parti au Cap pour faire de l’humanitaire dans une crèche et depuis son départ on a aucune nouvelle, est-ce normale car au bout d’une semaine je commence à m’inquiéter. Merci de me répondre assez rapidement si vous le pouvez.

    • Johanna 27 décembre 2013 à 6 h 41 min - Reply

      J’ai bien reçu le dernier mail et je suis contente que votre fille s’amuse beaucoup et qu’elle vit une très bonne expérience ;) j’espère qu’elle rentrera avec de très beaux souvenirs à vous raconter.

  9. Valentin 20 février 2014 à 21 h 51 min - Reply

    Bonjour Johanna,
    Récit vraiment captivant !
    Je souhaite aussi exécuter une mission humanitaire en Afrique du Sud, par quel biais avais-tu trouvé cette mission ?

    • Johanna 4 août 2014 à 21 h 24 min - Reply

      Hello Valentin, j’ai participé à cette mission via projects abroad qui est très cher pour du volontariat. L’association que j’ai aidé s’appelle maintenant True North Vrygrond. ;)

Donnez votre avis »

A Propos de The Life List™

Que feriez-vous si vous il ne vous restait qu’une semaine à vivre ? Souhaiteriez-vous partir à l’autre bout du monde ? Sauter en parachute ? N'attendez pas d'être trop vieux pour réaliser vos rêves : The Life List vous aide à véritablement changer de vie aujourd'hui.