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7 raisons qui nous poussent à ne pas prendre la bonne décision

Par Julien Perret 8 avril 2012 3
7 raisons qui nous poussent à ne pas prendre la bonne décision

Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui poussait la quasi-totalité des gens que vous fréquentez à prendre de temps à autres de mauvaises décisions alors que prendre la bonne décision parait si évident ? D’ailleurs, n’avez-vous jamais remarqué que vous aussi pouviez parfois vous evertuer à vous engager sur une voie dont vous savez pertinemment qu’elle ne menera à rien de bon ? C’est l’un des biais de l’esprit humain, certaines causes dont nous n’avons pas conscience peuvent nous pousser à devenir idiot et à aller à l’encontre de notre raison. Afin de vous aider à éviter de défendre l’indéfendable ou de prendre des chemins que vous ne voulez pas prendre, voici une liste des raisons qui nous poussent généralement à agir de manière stupide. Un bon moyen de vous assurer de prendre la bonne décision la prochaine fois que vous en aurez un à prendre.

  1. Au point ou j’en suis (si ça se trouve, je vais revenir à la surface) : Nous savons tous qu’il n’existe aucun moyen de revenir sur nos actions passées, en particulier sur tout l’argent, toute l’énergie, toutes les ressources que nous avons déjà dépensées. Pourtant, il arrive fréquemment que nous prenions les efforts passés en compte dans nos décisions. Barry Schwarz énumère à ce titre de nombreux exemples de décisions du type « au point ou j’en suis » dans son très bon livre « Le Paradoxe du choix : Et si la culture de l’abondance nous éloignait du bonheur ? ». Vos relations amoureuses qui se terminent bien plus tard qu’elles n’auraient du, l’envoi incessant de soldats pour une guerre du vietnam qui ne sera jamais gagnée, l’augmentation des mises au poker. Même si cela peut paraître contre-intuitif, avoir investit sur quelque chose n’est pas une bonne raison pour prendre une bonne décision.
  2. Et moi, et moi, et moi (l’art de la décision égocentrique) : Se mettre à la place de l’autre est plus difficile qu’il n’y paraît. C’est l’effet que décrit Daniel Gilbert (l’américain diplomé de Harvard, pas l’animatrice vieillissante qui apparait de temps à autres sur TF1) dans un article paru au NY times en 2006. Dans une experience menée à l’University college of London, des paires de volontaires se retrouvaient connectés par un appareil leur permettant d’exercer une pression physique l’un sur l’autre. A partir d’une première pression, les deux volontaires devaient chaun à leur tour ré-exercer la même pression sur leur bînome. Alors qu’ils étaient tout deux persuadés de realiser correctement l’exercice, l’expérience démontra que la pression réappliqué augmentait à chaque tour de 40%. A chaque tour, chacun d’entre eux se retrouvait donc atteint d’une pression bien plus élevée mais continuait sur la même lancée étant persuadé que la faute ne venait pas d’eux mais de leur binôme. Même schéma pour les conflits qui n’en finissent pas parce que les deux partis sont persuadés d’être dans le juste. Ne soyez pas égocentrique pour prendre la bonne décision !
  3. C’est bien ce que je disais (ou le biais de la confirmation contradictoire) : N’avez-vous jamais remarqué comme les politiciens peuvent aisément utiliser n’importe quel événement médiatique pour confirmer leurs opinions ? Alors que certains mettraient cela sur le compte de la manipulation, l’explication réele de ce phénomène provient de notre inconscient qui cherche constamment à valider nos opinions. C’est ainsi qu’une étude menée sur 15 républicains et 15 démocrates fervents défenseurs des deux postulants à la maison blanche en 2004 (Busk et Kerry) orientaient toujours leur critique vers l’opposant, bien que les discours des deux candidats se soient contredits à plusieurs reprises. L’imagerie neuronale montra que les parties du cerveau aidant au raisonnement étaient quasiment inactives durant l’exercice. Finalement, les choix des deux clans n’étaient basés que sur de l’émotionnel.
  4. Non mais ca n’arrivera pas à moi (ou le syndrome de la super-confiance) : La confiance en soi c’est important, mais il arrive qu’un surplus de confiance fasse prendre des décisions idiotes ou oublier la mesure de certains risques. Une étude célebre menée par Ole Svenson démontra en 1981 que sur 100 conducteurs interrogés, 80% d’entren eux pensaient être dans le groupe des 30 meilleurs. Cette étude confirmée à plusieurs reprises par la suite devient encore plus intéréssante lorsque l’on se rend compte que les accidentés de la route ont souvent dépassé certaines règles par excès de confiance en leur capacité sur la route. Avoir confiance en soi, c’est une bonne chose. Mais en avoir trop ne vous aidera jamais à prendre la bonne décision.
  5. Et la valeur affective alors ? (ou l’effet d’apartenance) : Difficile de se débarasser des affaires dont on ne se sert plus n’est-ce pas ? Une théorie énoncée en anglais dans cet article explique qu’une même personne ne valorise pas de la même façon un même objet selon qu’elle possède ou qu’elle cherche à l’acquérir. Le plus intéréssant c’est que l’étude démontre que l’attachement affectif n’est en réalité pour rien dans cet effet, puisqu’on retrouve le même phénomène avec des objets acquis quelques instants plus tôt et devant être revendus immédiatement.
  6. Attention aux requins ! (ou le syndrôme de la peur de l’avion) : L’être humain est en recherche permanente d’evenements mémorables. A chaque fois que l’un de ces evenements intervient, nous avons une tendance à croire qu’il a plus de chance d’intervenir par la suite. Un article du magazine anglais Wired liste à ce titre les causes de décès les plus probables selon des statistiques complètes établies entre 1996 et 2006. On s’y rend compte qu’au dela de l’inquiétude démentielle que génére le terrorisme aux états-unis et dans le reste du monde, les chances de mourir d’un attentat terroriste étaient près de 50 fois plus faibles que celles de mourir d’un empoisonnement ou d’une chute accidentelle. Ce phénomène de mauvais jugement du risque se retrouve dans de nombreux domaines et cause parfois des décisions d’investissements ahurissantes sur la base de risques complètement surévalués.
  7. C’est ce que tout le monde m’a dit (ou l’effet conformité) : Il existe des milliers d’exemples d’expériences démontrant que l’être humain a une capacité incroyable à donner une réponse totalement dénuée de sens parce que d’autres autour de lui ont donné cette réponse. L’effet de groupe est probablement l’un des effets les plus pervers de notre inconscient puisqu’il a déjà poussé des masses considérables dans le mur (jusqu’à des génocides)

Posez-vous donc de temps à autre la question en toute sincérité : ne suis-je pas en train de prendre une décision sur la base d’arguments irréalistes et stupides ? Une petite remise en question de temps à autre vous sauvera surement de quelques erreurs irréparables. Prendre la bonne décision, c’est aussi savoir ne pas prendre la mauvaise :)

3 commentaires »

  1. Aude 9 avril 2012 à 15 h 35 min - Reply

    Je reconnais bien quelques uns de mes comportements dans ce que tu décris ! Le pire étant de prendre une décision sur la base de plusieurs de ces bonnes raisons cumulées… J’en ai fait les frais, additionner le côté “plongeons encore plus profond dans la m..” avec l’égoïsme et “tout le monde m’y pousse”, saupoudré d’un peu de “j’m’en doutais de toutes façons”… Résultat explosif et dépressif assuré si vous en abusez !
    Merci, Julien, de mettre ces mécanismes en lumière, c’est une autre façon de démonter notre mécanique quotidienne qui peut être bien pratique pour la suite !

  2. Julien Wing 9 avril 2012 à 20 h 57 min - Reply

    Salut Julien!

    J’ai bien apprécié le point numéro 1 et numéro 7.
    Le point numéro 1 fait référence à la théorie de l’engagement. Qui donne naissance à une multitudes d’auto-manipulation toutes stupides ou perverse.

    Bah, si je suis arrivé jusqu’ici, pourquoi ne pas continuer?

    La théorie de l’engagement peut aussi faire son effet lorsque qu’une individu achète quelque chose de très coûteux. Il ne sera pas objectif pour juger l’appareil (ou le service). Il le défendra à tord.

    Et le point 7, c’est également un effet vicieux. Pour la simple raison suivante: Le fait de connaître la force de l’effet de groupe ne va pas forcément être suffisant pour changer de comportement face à un groupe. Encore une fois, confiance en soi.

    A+

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